BANGKOK TATTOO Chapitre II

Publié le par Maluko

Le réceptionniste  ,transpirant déjà et me remerciant servilement des cinq milles baht que je lui avais donnés une heure avant commença à bégayer quand il vit Vikorn, qui n'était pas loin d'être considéré comme l'empereur de ces sois .Le Colonel rayonnait de ses cinq milles kilowatt de charme et insinua qu'un futur lucratif attendait celui qui saurait garder la bouffe fermée un moment comme celui-ci. Je prends la clef de nouveau et nous montons les escaliers.A l'intérieur de la chambre la puanteur qui accompagnait inévitablement la décomposition d'un corps s'était empirée depuis ma dernière visite. J'ai enclenché la clim juste pour rafraîchir la puanteur sans diminuer sa puissance. Je peux juste voir Vikorn qui commence à m'en vouloir de l'avoir amené ici.

'regardez' dis-je.

Je prends le passeport du pantalon du farang mort où je l'avais trouvé plus tôt. Je ne suis pas un expert dans nos occultes pratiques concernant notre politique d'immigration, mais la forme de son visa me dérange. Le passeport appartient à Monsieur Mitch Turner.

ça dérange également le Colonel, qui devient pâle quand il me regarde.

'Pourquoi ne m'avais tu pas parlé de ça avant?'

'Parce que je ne savais pas si c'était important ou pas. Je ne savais pas ce que c'était. Je ne le sais toujours pas.

'c'est un visa.'

'ça je le vois.'

''valable pour deux ans avec des multiples réentrées'

'oui?'

'Ils ne donnent jamais des visas de deux ans. Jamais. Et certainement pas avec des entrées multiple. Sauf dans certains cas.'

'C'est ce que je pensais.'

Le visa avait assombri notre sens de cette tragédie, la perte violente d'une vie relativement jeune si loin de chez elle. 'CIA ou FBI?'

'CIA. Il y en a 200 de ce type depuis le 9/11.Ils voulaient garder un oeil sur les musulmans du sud prés de la frontière avec la Malaisie. Ils ont un peu de mal car ils ne parlent pas thailandais alors ils doivent avoir des interprètes. Il regarda le corps.

'Imagine un blanc bien barraqué avec un interprète essayant de s'infiltrer incognito dans des endroits comme Hat Yai un vendredi soir parmi nos petits compatriotes à peau foncée.

Mon dieu. je suppose que ça n'a pas pu être Al Qaida? '

'Mais nous avons déjà la déposition du responsable.'

'On peut la persuader de se rétracter. Tu n'as vu aucune longues barbes noires ce soir?'

'Vous êtes sérieux? Parfois le super cerveau de mon Colonel est au delà  de mes facultés de compréhension.

'je ne vois vraiment pas en quoi cela pourrait nous aider.'

'Tu ne vois pas? Regarde, il est de la CIA, ils ne vont pas nous lâcher. Ils vont vouloir qu'un de leur propre médecin examine Chanya - aucun signe d'abus et on est dans la merde. On risque de perdre notre employée la plus productive - et peut être va t'on devoir fermer le Club pendant un moment.'

'Et comment cela pourrait nous aider si c'était Al Qaida ?'

'Parce que c'est exactement ce qu'ils veulent croire. Ils suspectent pratiquement Al Qaida lorsqu'il y a du mauvais temps. Si on leur dit que c'est un coups d'Al Qaida, ils vont nous foutre la paix.

On se fixa dans les yeux. Non c'est sans espoir.ça ne ressemble vraiment pas à un acte terroriste de meurtre/castration. Alors qu'est ce qu'on fait avec Chanya ? Je n'ai pas examiné ses parties intimes.

'Il est laid non, même pour un farang ?' J'avais pensé la même chose. Un cou anormalement court et presque aussi large que sa tête, pas de menton et une bouche plus ou moins petite- Peut être l'a t'elle tué pour des raisons esthétiques. Les yeux de vikorn restèrent fixés un moment sur la rose dans le gobelet en plastique. Je sais ce qu'il pense.

'Sa position n'est pas convenable hein?'

Vikorn tourna sa tête dans un coin.' Non, mais laisse tomber. On se couvre en laissant les preuves dans l'état où elles sont actuellement. Tout consiste à élaborer un scénario crédible. Après tout est une question d'interprétation.' Il soupire.

'Dans les tropiques les corps se détériorent rapidement.'

'On doit les incinérer aussi vite que possible pour des raisons de santé publique'.

'La déposition du coupable a été prise et on a quasiment résolu l'affaire, et on a pas trouvé de papiers d'identité sur le corps - nous allons devoir perdre le passeport...'

'Bien', dit Vikorn.' Je te le laisse.'

Nous faisons à la victime l'honneur d'un dernier regard.

'Regardez, le câble du téléphone a été détendu - le téléphone est sur le coin du lit. Un appel d'urgence de dernière minute?

'Vérifie avec l'opérateur de l'hôtel'.

'Qu'est-ce que je devrais faire de cela?'

En bons professionnels,nous ne sommes pas plus troublés que ça avec l'arme du crime qui était posée en plein milieu du lit,exactement là où on devait la trouver si Chanya l'avait tué de la maniére dont Vikorn l'avait décrite.

Je pense que c'est un bon signe et une preuve évidente que le Bouddha regarde favorablement nos efforts.Mais Vikorn se gratte la tête.

'Bon.ok.Elle l'a fait non?Alors ses empreintes vont apparaître partout sur l'arme du crime.Que pourraient t'ils trouver sur le couteau en dehors des empreintes de Chanya et du sang de la victime?'

Tout cela confirme sa version des faits.On va laisser l'arme pour corroborer sa version'.Un soupir.'Elle va devoir disparaître un bout de temps.Tant que tout ça passe pour de l'auto défense,nous n'avons pas le pouvoir de l'arrêter.Dis lui de changer sa coiffure.'

'Elle se fait refaire le nez?'

'N'exagérons pas,on se ressemble tous pour eux.'Une pause.'OK,rentrons au club.Tu ferais mieux de me dire ce qu'il s'est réellement passé ici ce soir,juste pour que je puisse prendre des précautions'.

 

Publicité

Publié dans Thailande

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article